Belle vie à nous!

Pendant de longues années j’ai cru que la Vie c’était les cinémas, les restaurants, les bars, les musés, les concerts…
Et tout ce dont on voudrait me priver si je ne suis pas…
 
J’ai cru que pour manger, j’étais obligé d’aller dans les super-hyper-marchés.
J’ai cru qu’il n’y avait que l’avion, le car ou le train pour voyager !
 
Ensuite j’ai grandi et j’ai rencontré Dame Nature et toutes ses merveilles. Elle a tout. Elle est tout ! Elle propose tout.
 
J’ai alors fréquenté les petits marchés, transformé ma maison en salle de ciné, de danse, de jeu, de rire et de joie.
 
Je me suis promené partout dans les forêts, au bord de mer, près des rivières, et dans les bois.
 
j’ai assisté à des levers du Jour et des couchers de soleil à tomber par terre.
 
J’ai dansé en Pleine Lune.
 
J’ai pris des bains de pluie et de minuit.
 
J’ai cueilli les fruits dans l’arbre et mangé les racines que j’avais moi-même planté et vu pousser.
 
J’ai grimpé les sommets pour aller méditer.
 
J’ai compris le sens de la Vie en vivant tout simplement.
 
J’ai appris le mot Souveraineté et je l’ai intégré.
 
J’ai appris à être l’Auteur, l’Acteur, le Réalisateur et le Metteur en scène de ma Vie.
 
J’ai appris à utiliser ce que j’ai de plus précieux : mon Esprit et la capacité de penser par moi-même.
 
J’ai appris que je suis seul Responsable de mon bien-être.
 
J’ai appris que vivre c’est mourir et que mourir c’est renaître !
 
J’ai appris que j’étais un Être libre et que même enfermée je peux jouir de ma Liberté.
 
J’ai appris que dans la Présence est tout, est Amour et que tout le reste n’est qu’illusion !
 
Rien ne sera plus jamais comme avant, dit-on, et c’est tant mieux!
 
Cela me donne l’opportunité de repenser, redessiner, repeindre, rechanter, re-danser ma vie comme je l’entends !
 
SI cela n’est pas possible dans cette vie, alors je mourrais pour renaître à nouveau, jusqu’à ce que cela soit.
 
Belle vie à nous !
 
Auteur inconnu

Aventuriers de l’esprit.

 
« Selon les chamans toltèques, il y a deux sortes d’hommes sur terre : ceux qui prennent le temps de s’interroger sur les gens et sur le sens de l’univers et de se demander qui ils sont et ce qu’ils font là, des hommes que les réponses toutes faites proposées par la société dans laquelle ils vivent ne satisfont pas et qui vont faire de ces deux questions le fondement d’une vie nouvelle, imprégnée d’un irrésistible parfum de liberté.
 
Et puis il a les autres, ceux qui, riches ou pauvres, cultivés ou non se seront très tôt laissés hypnotiser par le brouhaha, les nécessités et les mirages de la vie quotidienne au point de ne jamais trouver le temps de se poser ce genre de questions, les trouvant inutiles ou même absurdes, une attitude et un choix que les chamans appellent « succomber à l’hypnose socialitaire ».
 
Aventuriers de l’esprit, les premiers, s’ils persévèrent ont une chance de devenir les créateur de leur vie, portés par l’énergie du mystère de l’existence parce qu’ils l’auront regardée en face et acceptée.
 
Les seconds vivront le plus souvent dans le conformisme de leur époque, serviteurs du système en place, tournant le dos à l’inexpliqué et, par là, à eux-mêmes.
 
Le monde est en effet le miroir que chaque individu perçoit, une projection de soi, un processus circulaire que les chamans appellent « l’anneau de pouvoir ».
 
Comme le miroir, le monde ne nous renvoie que la représentation qu’en fabriquent nos perceptions personnelles, nos croyances et nos humeurs.
 
Le vrai pouvoir de changer les choses se découvre et s’exerce à l’intérieur de soi, sur l’intérieur de soi.
 
Tous les psychothérapeutes dignes de ce nom et tous les chamans pratiquant la guérison spirituelle depuis de longues années sont amenés un jour ou l’autre à se demander pourquoi il est si difficile pour l’être humain de changer des croyances ou des comportements qui sont pourtant, à l’évidence, la cause de tant de souffrances, de mal-être et même de graves maladies.
 
Mais il leur suffit de se rappeler combien de mémoires ancestrales, prénatales familiales, éducatives et socialitaires ont façonné leur personnalité pour avoir la réponse : l’homme est littéralement et jusqu’au plus profond de ses cellules infiltré de programmations d’ordre karmique, culturel et affectif qui sont autant d’obstacles à tout changement.
 
Travailler sur soi devient ainsi le seul espoir pour l’homme de se libérer et de devenir celui que, tout au fond de lui, son nagual lui murmure qu’il peut-être. Il est bien placé pour cela puisqu’en lui résident tous les changements et les potentiels créatifs de l’univers !
 
« L’homme ne naît pas libre mais il est libre de se libérer ».
 
C’est donc pour lui à la fois une chance extraordinaire d’en avoir un jour le désir et sa plus grande responsabilité.
 
Les sages taoïstes désignent le travail sur soi par l’expression « chevaucher le tigre ».
 
Le tigre représente à leurs yeux cette force irrépressible qui fait mourir et renaître en permanence tous les êtres.
 
En travaillant sur soi, on ose affronter au lieu de fuir, on bondit sur son dos, on l’enfourche et on se fond dans sa force pour mieux orienter celle-ci pendant que s’éveille peu à peu la conscience de notre identité avec lui. »
 

Paul Degryse. Enseignant de chamanisme toltèque.

 

Où est l’âme? Conte symbolique.

le cil du loup
« Si tu ne vas pas dans les bois,
jamais rien n’arrivera, jamais ta vie ne commencera.

– Ne va pas dans les bois, disaient-ils, n’y va pas.
– Et pourquoi donc ? Pourquoi n’irais-je pas ce soir dans les bois ?
demanda-t-elle.

– Dans les bois vit un grand loup, qui mange les humains comme toi.
Ne va pas dans les bois, n’y va pas.
Bien sûr, elle y alla.
Elle alla malgré tout dans les bois et bien sûr, comme ils avaient dit, elle rencontra le loup.
-On t’avait prévenue, fît le chœur.
– C’est ma vie, rétorqua-t-elle.
On n’est pas dans un conte de fées.
Il faut que j’aille dans les bois. Il faut que je rencontre le loup,
sinon ma vie ne commencera jamais.

Mais le loup qu’elle rencontra était pris au piège.
Dans un piège était prise la patte du loup.
– Viens à mon aide, viens à mon secours ! Aïe,aïe,aïe ! s’écria le loup.
Viens à mon aide, viens à mon secours et je te récompenserai comme
il se doit.

Car ainsi font les loups dans ce type de contes.
-Et comment serais-je sûre que tu ne vas pas me faire mal ?
interrogea-t-elle ,c’était son rôle de poser des questions.
Comment serais-je sûre que tu ne vas pas me tuer et me réduire à un tas d’os ?

-La question n’est pas le bonne, dit ce loup-ci.
Tu dois me croire sur parole.

Et il se remit à gémir et à crier :
Oh, là, là ! aïe, aïe, aïe !
Belle dame
Il n’y a qu’une question qui vaille:
Ououououououh eheheheheheh l’aaaaaaaame ?

– C’est bien, le loup, je prends le risque. Allons-y !
Et elle écarta les mâchoires du piège. Le loup retira sa patte, qu’elle pansa avec des herbes et des plantes.

– Oh, merci, aimable dame, merci, dit le loup, soulagé.
Et, parce qu’elle avait lu trop de contes d’un certain type, le mauvais, elle s’exclama :
– Allons, finissons-en.Tue-moi. Maintenant.

Mais ainsi le loup ne fit-il pas.Pas du tout.
Il posa la patte sur son bras.

– Je suis un loup qui vient d’ailleurs,
un loup qui vient d’un autre temps, dit-il.

Et il s’arracha un cil, puis le lui offrit en disant :
-Sers-t’en avec discernement.
Désormais tu sauras ce qui est bon et ce qui ne l’est guère ; il te suffit de voir par mes yeux pour voir clair.

Tu m’as permis de vivre
Et pour cela
je t’offre de vivre ta vie comme jamais tu ne le fis.

Souviens-toi, belle dame,
Il n’y a qu’une question qui vaille
Ououououououh eheheheheh l’aaaaaaaaame?

Ainsi revint-elle au village
Ravie d’être encore en vie

Et cette fois, quand ils disaient
« Reste ici, marions-nous »
Ou « Fais ce que je te dis »
Ou  » Dis ce que je te dis de dire,
Surtout n’aie aucun avis »
Elle portait à son œil le cil du loup
Et voyait à travers lui
Leurs véritables motivations
Comme elle ne l’avait jamais fait.

Alors quand le boucher
Posa la viande sur la balance
Elle vit qu’il pesait son pouce avec.

Et quand elle regarda son soupirant
Qui soupirait « Je suis parfait pour toi »
Elle vit que ce soupirant-là
N’était pas bon pour elle

De sorte qu’elle fut à l’abri
sinon de tous les malheurs du monde
Du moins d’une grande partie.

Plus encore : non seulement cette nouvelle façon de voir lui permit de distinguer le cruel et le sournois, mais son cœur ne connut plus de limites, car elle regardait tout en chacun et l’évaluait grâce au don du loup qu’elle avait sauvé.

Et elle vit les gens de bonté vraie
Et elle s’en approcha
Elle trouva le compagnon
De sa vie et resta près de lui,

Elle distingua les êtres de courage
Et d’eux se rapprocha,
Elle connût les cœurs fidèles
Et se joignit à eux,

Elle vit la confusion sous la colère
Et se hâta de l’apaiser,
Elle vit l’Amour briller dans les yeux des timides
Et tendit la main vers eux

Elle vit la souffrance des collets montés
Et courtisa leur sourire,
Elle vit le besoin chez l’homme sans parole
Et parla en son nom

Elle vit la foi luire au plus profond
De la femme qui la niait
Et la raviva à la flamme de la sienne.

Elle vit tout
Avec son cil de loup,
Tout ce qui est vrai,
Tout ce qui est faux,
Tout ce qui se retournait contre la vie
Et tout ce qui se tournait vers la vie,

Tout ce qui ne peut se voir
Qu’à travers le regard
Qui évalue le cœur avec le cœur

C’est ainsi qu’elle apprit que ce que l’on dit est vrai : le loup est le plus avisé de tous.

Et si vous prêtez l’oreille, vous entendrez que le loup, lorsqu’il hurle, est toujours en train de poser la question la plus importante.

Non pas  » Où est le prochain repas ? »
Ni « Où est le prochain combat ? »
Ni « Où est la prochaine danse ? »
Mais la question la plus importante
Pour voir à l’intérieur,
pour estimer la valeur de TOUT ce qui vit:

Ououououououh eheheheheh l’aaaaaaaaame ?
Ououououououh eheheheheh l’aaaaaaaaame ?
Où est l’âme ?
Où est l’âme ?

Va dans les bois, va.
Si tu ne vas pas dans les bois, jamais rien n’arrivera,
jamais ta vie ne commencera.

Va dans les bois, va
Va dans les bois, va
Va dans les bois, va. »

« The Wolf’s Eyelash » –
poème en prose de Clarissa Pinkola Estès

Psychanalyste américaine.